La Floride du Sud s’impose comme un territoire clé pour les avancées dans la prise en charge du cancer du poumon, selon Bruna Pellini, MD, cheffe de l’oncologie thoracique au Baptist Health Miami Cancer Institute. Dans Dr Pellini on Lung Cancer Disparities and Innovation, elle souligne que la démographie de la région—en particulier une importante population de patients plus jeunes et une forte proportion de personnes d’origine hispanique—rend indispensable le suivi des autorisations récentes de traitements ainsi que d’un corpus de recherche génomique en évolution rapide qui transforme l’oncologie thoracique.
Un profil de patients qui évolue—et un stigma qui persiste
Pellini observe que les patients d’origine hispanique présentent souvent une incidence plus élevée de certaines altérations génomiques. Elle constate aussi que de nombreux patients diagnostiqués avec des “drivers” génomiques rares sont des femmes—une évolution qui remet en question l’image traditionnelle du “patient type” atteint d’un cancer du poumon. Comme elle le dit :
Si vous avez des poumons, vous pouvez avoir un cancer du poumon.
Ce message est au cœur de Dr Pellini on Lung Cancer Disparities and Innovation, et rappelle la nécessité de dissocier la maladie d’une association trop exclusive avec le tabagisme.
Des lacunes de dépistage chez des patients “non traditionnels”
Malgré les progrès en oncologie moderne, Pellini pointe un obstacle majeur : les recommandations actuelles de dépistage du cancer du poumon n’incluent souvent pas les personnes n’ayant jamais fumé, laissant de nombreuses personnes à risque sans parcours clair pour une détection précoce. Avec l’attention médiatique croissante et la recherche dédiée au dépistage de ces patients, elle estime dans Dr Pellini on Lung Cancer Disparities and Innovation que les recommandations doivent évoluer afin que les personnes aujourd’hui insuffisamment couvertes ne soient plus oubliées.
De peu d’options à une innovation accélérée
Pellini rappelle à quel point l’oncologie thoracique a changé. Il y a vingt ans, dit-elle, de nombreux médecins évitaient ce domaine faute d’options thérapeutiques efficaces. En 2026, la situation est inverse : la prise en charge du cancer du poumon devient de plus en plus complexe, avec des autorisations fréquentes et un rôle grandissant de la génomique. Membre des recommandations de l’ASCO pour le cancer du poumon non à petites cellules (NSCLC) et du Scientific Program Committee pour le NSCLC de stade IV, elle reste au cœur de cette évolution—comme elle le décrit dans Dr Pellini on Lung Cancer Disparities and Innovation. Elle ajoute que sa pratique clinique attire souvent les cas les plus rares et les plus complexes, qu’elle relie à son intérêt pour les altérations génomiques et à sa proximité avec des patientes. Elle s’attend à ce que Baptist Health continue de servir de pôle pour ces situations spécialisées, en offrant des soins personnalisés de pointe à la population diverse de la Floride du Sud.
Nouvelles frontières pour des altérations rares et ciblables du NSCLC
En parallèle de ces enjeux démographiques et de dépistage, Pellini met en avant une période qu’elle décrit comme sans précédent pour les patients atteints de sous-types génomiques rares de NSCLC. Dans New Frontiers in Targeted Therapy for Rare Lung Cancer Alterations, elle se souvient qu’il y a encore quelques années, les oncologues thoraciques ne disposaient pas des options ciblées très efficaces déjà plus répandues dans d’autres cancers, comme le cancer du sein. Aujourd’hui, dit-elle, cet écart s’est réduit—en particulier pour les maladies HER2 mutées et ROS1 positives.
La “révolution” HER2 dans le cancer du poumon
Pellini explique dans New Frontiers in Targeted Therapy for Rare Lung Cancer Alterations que, historiquement, les mutations HER2 dans le cancer du poumon manquaient de thérapies efficaces et spécifiques de la mutation, mais que des autorisations récentes ont redéfini les standards de prise en charge. Elle cite trois traitements approuvés qui ont considérablement élargi les options pour cette population.
- Trastuzumab deruxtecan (T-DXd; Enhertu), un conjugué anticorps-médicament montrant une efficacité significative dans le cancer du poumon HER2 muté, tel que mentionné dans New Frontiers in Targeted Therapy for Rare Lung Cancer Alterations.
- Zongertinib (Hernexeos), une thérapie ciblant HER2, approuvée en août 2025 selon New Frontiers in Targeted Therapy for Rare Lung Cancer Alterations, avec un profil de toxicité nettement plus tolérable que les tentatives précédentes de ciblage de HER2.
- Sevabertinib (Hyrnuo), approuvé fin 2025 d’après New Frontiers in Targeted Therapy for Rare Lung Cancer Alterations, ajoutant une option majeure pour des patients qui en avaient auparavant très peu.
Avancées dans les maladies ROS1 positives et ALK positives
Pour le NSCLC ROS1 positif, Pellini met en avant, dans New Frontiers in Targeted Therapy for Rare Lung Cancer Alterations, taletrectinib (Ibtrozi), approuvé à l’été 2025, comme une avancée significative—en particulier parce qu’il répond à des toxicités du système nerveux central (SNC) associées à d’anciens inhibiteurs de ROS1, dont des vertiges chroniques et un risque accru de chutes. Elle précise : Taletrectinib offre non seulement des taux de réponse élevés et réduit efficacement les tumeurs au niveau cérébral, mais il le fait aussi sans les vertiges invalidants qui affectent de nombreux patients.
Dans la même contribution, New Frontiers in Targeted Therapy for Rare Lung Cancer Alterations, elle souligne des résultats qu’elle qualifie de “fascinants” issus de l’essai CROWN évaluant lorlatinib (Lorbrena) dans le NSCLC ALK positif : les données montrent une médiane de survie sans progression (PFS) à cinq ans qui n’était pas encore atteinte, ce qui, selon elle, était auparavant inimaginable au stade IV. Elle indique que ces données ont modifié sa pratique, faisant de lorlatinib une option privilégiée en première ligne.
La précision, c’est aussi choisir le bon outil pour le bon patient
Même avec l’essor des traitements ciblés, Pellini insiste, dans New Frontiers in Targeted Therapy for Rare Lung Cancer Alterations, sur le fait que la meilleure prise en charge n’est pas toujours synonyme de thérapie ciblée. Elle cite une recherche publiée en 2025 suggérant que, pour certains sous-groupes—comme ceux avec des mutations BRAF ou des mutations MET exon 14 skipping—la chimiothérapie associée à l’immunothérapie pourrait offrir de meilleurs résultats de survie qu’une thérapie ciblée seule. Elle présente la navigation dans ces choix de plus en plus nuancés comme un défi majeur de l’oncologie thoracique moderne : garantir “le bon traitement pour le bon patient”.