Récemment, lors d’une session ALKalk, le Dr Alexander Drilon du Memorial Sloan Kettering Cancer Center a partagé des informations cruciales sur l’évolution du traitement du cancer du poumon ALK-positif. Pour les patients en Belgique et ailleurs, ces avancées représentent un tournant majeur dans la gestion de la maladie sur le long terme.
Comment fonctionnent les traitements actuels ?
La plupart des patients ALK+ connaissent les inhibiteurs de la tyrosine kinase (ITK). Ces médicaments fonctionnent en bloquant la “poche” d’énergie (ATP) de la protéine ALK, ce qui empêche les cellules cancéreuses de se multiplier. Nous avons parcouru un long chemin depuis la première génération (Crizotinib) jusqu’à la deuxième (Alectinib, Brigatinib) et la troisième génération (Lorlatinib).
Le défi de la résistance
Malgré l’efficacité des traitements actuels, le cancer finit souvent par trouver un moyen de “contourner” le médicament. C’est ce qu’on appelle la résistance. Le cancer développe des mutations génétiques, comme la mutation G1202R, qui agissent comme un verrou, empêchant le médicament de se fixer à la protéine ALK. Jusqu’à présent, après l’échec du Lorlatinib, les options étaient limitées.
Le Neladalkib (NVL-655) : Une nouvelle ère
Le Dr Drilon a présenté des données sur le Neladalkib (NVL-655), un ITK de 4e génération conçu pour relever trois défis majeurs :
- Surmonter la résistance : Il est conçu pour s’insérer dans la protéine ALK même lorsque des mutations complexes sont présentes.
- Activité cérébrale : Comme le cancer ALK+ a tendance à se propager au cerveau, le Neladalkib a été conçu pour traverser efficacement la barrière hémato-encéphalique.
- Moins d’effets secondaires neurologiques : Contrairement à certains traitements de 3e génération, le Neladalkib évite de bloquer les récepteurs TRK dans le cerveau, ce qui réduit les risques de troubles de la mémoire, de changements d’humeur ou de “brouillard mental”.
Que disent les résultats ?
L’étude ALKOVE-1 montre des résultats très encourageants. Même chez les patients ayant déjà reçu plusieurs traitements, le taux de réponse est significatif. De plus, pour les patients n’ayant jamais reçu d’ITK, les résultats préliminaires sont exceptionnels, avec un taux de réponse proche de 90 %.
Et pour la suite ?
Une grande étude internationale, l’essai ALKAZAR de phase 3, est en cours pour comparer directement le Neladalkib à l’Alectinib en première intention. L’objectif est de voir si l’utilisation du médicament le plus puissant dès le début peut offrir aux patients une rémission beaucoup plus longue.
Pour les patients belges, il est essentiel de discuter de ces nouvelles options et des essais cliniques en cours avec votre oncologue. La science progresse plus vite que jamais, apportant de nouvelles solutions là où il n’y en avait pas auparavant.